Frédéric Beigbeder - Une vie sans fin [critique]

16/1/2018

Après avoir démissionné de Canal+ et de la direction du magazine Lui, Frédéric Beigbeder est parti s’installer au Pays basque. Fraîchement quinquagénaire, cette retraite a été inspirée à l’auteur de 99 francs et de Un roman français par l’idée d’être arrivé à un âge où le trépas se rapproche à grand pas. Il a alors commencé à penser de plus en plus souvent au châtiment divin, à être obsédé par notre statut de mortel au point de décider de consacrer un roman au transhumanisme qui obsède l’Homme depuis que les progrès de la science entrouvrent des portes desquelles s’échappe l’espoir d’une vie de plus en plus longue. Ce roman, publié chez Grasset, s’intitule Une vie sans fin et est disponible sur les étals des librairies de France et de Navarre depuis le 3 janvier.


Le narrateur de Une vie sans fin, quinquagénaire ressemblant fortement à Frédéric Beigbeder – jusqu’au patronyme qu’il partage avec son auteur – mais présentant cependant nombre de différences biographiques avec ce dernier, a bêtement promis à sa fille de dix ans qu’il n’allait jamais mourir. Le voilà dès lors parti aux quatre coins du monde à la rencontre des plus éminents chercheurs en longévité humaine afin de repousser l’heure de son décès.


SCIENCE-NON-FICTION

Parti à la recherche de l’élixir de jouvence, l’enquête de Frédéric Beigbeder s’essouffle au fil des pages et peine à produire un roman digne de ce nom. Comme l’auteur le dit lui-même, Une vie sans fin est un récit de « science-non-fiction » : toutes les techniques qui y sont évoquées existent bel et bien et les scientifiques qui y sont nommés sont de vrais professeurs émérites qu’il a rencontrés dans le cadre de son travail de recherche pré-écriture. Las ! l’hybridation ne prend pas et le récit ne parvient jamais à accrocher son lecteur.

Pourtant, la plume psychotrope et loufoque de Frédéric Beigbeder est toujours au rendez-vous et l’auteur n’a pas son pareil pour accoucher de scènes surréalistes et drôles (l’histoire d’amour entre Romy, sa fille, et Pepper, leur robot domestique, notamment), mais force est de constater que son impact est moindre dans ce nouveau roman. Diffuse dans les nombreux paragraphes de vulgarisation – sujet oblige –, cette plume ne parvient pas à rattraper les faiblesses de l’exercice.

Si Frédéric Beigbeder parvient à nous faire rire à quelques reprises, il peine à nous embarquer dans sa quête. La faute à un ouvrage hybride – Une vie sans fin n’est ni tout à fait un roman, ni réellement une enquête – qui ne convainc pas malgré le style singulier de l’auteur toujours aussi plaisant.


Une vie sans fin
Frédéric Beigbeder
Une vie sans fin
Grasset – 3/1/2018
360 pages
22,00 €

Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder