Godless - saison 1 [décryptage]

5/12/2017


Si depuis quelques temps les séries se sont mises au niveau du cinéma (acteurs issus du grand écran, scénarios bétons, réalisation époustouflante, etc.), cela n’aura jamais été aussi vrai qu’avec Godless, qui atteint un niveau d’excellence rarement atteint dans la petite lucarne. Tout y est parfait : l’interprétation, la réalisation, la photographie, le scénario, les décors – tout est somptueux ! Un gros coup signé, une fois de plus, Netflix.

Godless


DE QUOI ÇA PARLE ?

Orphelin, Roy Goode a été recueilli et élevé par Franck Griffin, un hors-la-loi craint de tous. Mais après avoir été trahi par son jeune protégé, le brigand se lance dans une traque qui va le mener à La Belle, une ville du Nouveau Mexique quasiment dépourvue d’hommes suite à un coup de grisou, et où les femmes règnent en maître – bourgade où Roy Goode a trouvé refuge auprès de la jolie Alice. Bien décidé à tuer tous ceux qui se mettront entre lui et Roy Goode, Franck Griffin va devoir faire face à la résilience et à la résistance des habitantes de La Belle.

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UN PROJET D’ABORD PENSÉ POUR LE CINÉMA

Scénariste reconnu à Hollywood (on lui doit notamment les scripts de Minority Report et, plus récemment, de Logan), Scott Franck avait d’abord prévu de faire de Godless un film-fleuve, un western ample de près de trois heures ; mais, faute de parvenir à le financer, il fut contraint d’abandonner son projet. Netflix, toujours à l’affût des bons coups, lui a alors proposé d’en faire une mini-série. Le résultat est passionnant. Les sept épisodes qui composent la série se succèdent sans aucune baisse de rythme, les nombreux personnages sont tous brillamment interprétés (mention spéciale au jeune Thomas Brodie-Sangster– aperçu dans la trilogie Le Labyrinthe – qui campe un shérif adjoint tout à la fois respectueux de sa fonction et influé par les pulsions inhérentes à son jeune âge) et la réalisation sublime les multiples et somptueux décors naturels.

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APPLICATION DE MOTIFS CONNUS POUR MIEUX S’EN AFFRANCHIR

Si Godless adopte les motifs intrinsèques au genre du western (les étendues désertiques, les petites villes, le shérif, les indiens, les bandits, etc.), ce n’est que pour mieux s’en affranchir en apportant sa touche d’originalité au récit. Et la ville de La Belle et ses veuves est la démonstration parfaite de cet affranchissement. Personnages secondaires complètement dépendantes des hommes dans les codes habituels du western, les femmes sont ici d’une incroyable profondeur, sont largement capables de gérer leur ville et n’hésitent pas à jouer de la gâchette lorsque cela est nécessaire. Les féministes au Far West !

Une cavalcade sauvage, à l’ancienne, mais jonchée de thématiques contemporaines qui exaltent le récit et ses agréables effluves de rodéo, de tord-boyaux et de Winchester encore fumante !


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EN RÉSUMÉ

Avec Godless, Netflix prouve, s’il en était encore besoin, que la plateforme est désormais une vraie place forte pour qui veut trouver des séries originales de qualité.