John le Carré – L'Héritage des espions [critique]

17/12/2020

Bien que n’ayant que peu goûté les adaptations cinématographiques récentes des romans de David John Moore Cornwel — aka John le Carré —, l’annonce toute récente du décès de l’écrivain britannique m’a poussé à sortir de ma pile à lire L’Héritage des espions, son avant-dernier roman publié dans notre pays en 2018. Autre support, même résultat : je me suis passablement ennuyé.


1961 – l’espion britannique Alec Leamas et son amie Liz Gold trouvent la mort au pied du mur de Berlin.

2017 – Peter Guillam, fidèle collègue et disciple de George Smiley dans les services de renseignement autrefois surnommés « le Cirque », est tiré de sa retraite en Bretagne par une lettre de son ancien employeur, qui le convoque à Londres. Pourquoi ? Ses activités d’agent secret pendant la guerre froide le rattrapent. Des opérations qui firent la gloire du Londres secret vont être minutieusement décortiquées par une nouvelle génération qui n’a que faire des luttes menées jadis par les Occidentaux contre le bloc communiste. Quelqu’un doit payer pour le sang des innocents sacrifiés sur l’autel de l’intérêt général.


L’AMOUR EN HÉRITAGE

John le Carré étant un auteur encensé lorsque l’on parle de romans d’espionnage, je pensais ne pas risquer grand-chose en me plongeant dans L’Héritage des espions, ma frigidité à l’égard des adaptations cinématographiques des ouvrages de l’éphémère espion devant tenir aux adaptations justement, et non pas aux matériaux de base. Las ! il faut croire que je n’ai pas fait le bon choix lorsque j’ai fait l’acquisition de ce bouquin ! N’ayant lu qu’un roman d’une Œuvre qui en compte vingt-cinq, je me garderais bien d’emmètre un avis sur le talent intrinsèque de John le Carré car un ou doux ratés, dans une carrière longue de pratiquement soixante ans, cela peut arriver.

En revanche, je peux dire que L’Héritage des espions est un roman abscons dont le procédé consistant à dérouler l’intrigue à travers la lecture de rapports de missions n’aide pas à exposer au mieux les enjeux du récit. J’ai donc refermé le livre sans vraiment avoir compris ce qui était reproché au personnage principal, pas plus que les tenants et les aboutissants de la mission à laquelle ce dernier à participer des décennies plus tôt et qui lui vaut d’être inquiété alors qu’il coule une retraite paisible dans une ferme bretonne.

Cela étant dit, je pense sincèrement que le problème de L’Héritage des espions vient de son intrigue abstruse et de son procédé de narration peu pertinent, le style de John le Carré étant pour sa part plutôt plaisant.

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L'Héritage des espions
5/4/2018 – Seuil
320 pages

À Propos de l'auteur

David John Moore Cornwell, dit John le Carré, est un romancier britannique né le 19 octobre 1931 à Poole et mort le 12 décembre 2020à Truro.

Durant les années 1950 et 1960, Cornwell a travaillé pour le MI5 et le MI6 et a commencé à écrire des romans sous le pseudonyme de « John le Carré ». Son troisième roman, L'Espion qui venait du froid (1963), est devenu un best-seller international et demeure l'une de ses œuvres les plus connues.

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