Jules Verne - De le Terre à la Lune [critique]

17/4/2018

De la Terre à la Lune est le premier roman où Jules Verne s’intéresse à l’astrologie – ce ne sera pas le dernier. Fidèle à sa réputation de vulgarisateur, il compulse ses connaissances scientifiques et rédige un ouvrage qui, en plus de prendre le lecteur dans son tourbillon aventurier, lui permet de s’instruire tout en s’évadant. 


Les artilleurs du Gun-Club se morfondent depuis la fin de la guerre fédérale des États-Unis ; désœuvrés, ils ne savent plus quoi faire de leurs journées, eux qui ne jurent que par l’artillerie et la balistique. Un beau jour, leur président, Impey Barbicane, leur fait une proposition qui, une fois le premier moment de stupeur passé, est accueillie avec un enthousiasme délirant : ils vont se mettre en communication avec la Lune en lui envoyant un énorme projectile qui sera lancé par un canon gigantesque ! Tandis que tous s’affairent à mettre en œuvre ce projet inouï, un Parisien, Michel Ardan, envoie un télégramme à Barbicane lui disant qu’il souhaite prendre place dans le projectile lors de son lancement.


ROMAN DE VULGARISATION...

Si la vulgarisation technique et scientifique est une constante dans l’œuvre de Jules Verne, De la Terre à la Lune est sans conteste l’un des romans de l’auteur où cette vulgarisation est aussi prégnante. Son sujet l’amène à instruire brillamment le lecteur dans les domaines complexes que sont l’astrologie, l’artillerie et la balistique. Aussi il consacre pas moins de trois chapitres à faire l’état des connaissances de son époque en matière d’optique (pour l’observation de la Lune), de sélénographie et de phases lunaires. Ces bases astronomiques posées, il peut alors passer sur les sujets de l’artillerie et de la balistique afin d’expliquer comment il serait possible d’envoyer un projectile sur la Lune depuis la Terre. « Serait » car il est évident que certaines choses avancées par Jules Verne restent du domaine de l’extrapolation – d’ailleurs l’auteur avance avec prudence et n’affirme jamais rien lorsqu’il se trouve être dans ce schéma –, mais que celles-ci s’appuient néanmoins toujours sur des bases avérées.

Néanmoins, Jules Verne a été visionnaire sur certaines choses. Par exemple, aujourd’hui encore, les fusées sont lancées lorsque la Lune se trouve à son périgée, afin de raccourcir la distance à parcourir. À noter également que si l’aluminium était nouveau et méconnu à l’époque de la rédaction de De la Terre à la Lune, Jules Verne avait bien anticipé que ce matériau deviendrait très prisé pour les applications requérant de la légèreté – comme l’aéronautique.


... ET D'ANTICIPATION

De la Terre à la Lune est donc clairement un roman d’anticipation ; le récit, qui tourne autour de la planification d’une expédition à destination de la Lune, est une préfiguration des missions spatiales qui débuteront près d’un siècle après la publication du volume. Le satellite naturel de la Terre fascinait déjà les hommes de science du XIXe siècle et Jules Verne, en bon érudit qu’il est, s’empare donc du sujet et imagine comment il serait possible de rejoindre l’astre nocturne en se basant sur ses connaissances scientifiques.

Et cet alliage de vulgarisation et d’anticipation donne vie à un roman fort agréable à lire, et ce malgré les invraisemblances (présence d’eau sur la Lune, atmosphère sur place, etc…) que le lecteur de 2018, du fait de l’avancée des connaissances, ne manquera pas de relever.


A LIRE AUSSI SUR LITTÉRATURE & CULTURE

De la Terre à la Lune
Jules Verne
De la Terre à la Lune
Hetzel – 1865
254 pages

Jules Verne
John Irving
Jules Verne