Nox - saison 1 [décryptage]

23/3/2018


Pour convaincre ses abonnés de lui rester fidèles, Canal+ continue de miser sur les séries de qualité et propose en ce mois de mars Nox (qui signifie « nuit », « ténèbres », en latin), la petite dernière de ses créations originales. Mini-série (6 épisodes de 55 minutes) imaginée par Fred Cavayé, mise en scène par Mabrouk el Mechri – déjà à l’œuvre sur Maison Close –, lorgnant du côté crapoteux de l’univers de Franck Thillez et servie par un casting aux accents de cinéma (Nathalie Baye, Maïwenn, Frédéric Pierrot, Valérie Donzelli, Noémie Lvovsky et Sergi Lopez, entre autres), Nox allèche grâce à son pitch accrocheur mais déçoit finalement.

Nox - saison 1


DE QUOI ÇA PARLE ?

Lorsque Julie (Maïwenn), disparaît pendant une opération policière dans les sous-sols de Paris sans laisser de trace, Catherine Suzini (Nathalie Baye), sa mère, est persuadée qu’elle seule pourra la retrouver. Ancienne flic, à la retraite autant qu’à la dérive – elle a été mise au placard pour insubordination –, elle va devoir se résoudre à faire équipe avec Raphaël (Malik Zidi), le coéquipier de sa fille. Ensemble, ils vont quitter la surface et s’enfoncer dans les tréfonds de Paris pour se lancer dans une course terrifiante et effrénée aux allures de descente aux enfers…

Nox - saison 1


UN POLAR NOIR, UNE SÉRIE DE GENRE


Comme son nom l’indique, Nox est une série sombre, très sombre. Une série de genre particulièrement angoissante qui ne s’adresse pas à tous les publics avec son méchant masqué particulièrement flippant et ses scènes dans les catacombes parisiennes fortement déconseillées aux personnes souffrant de claustrophobie (Nathalie Baye s’est d’ailleurs faite hypnotiser pour surmonter sa peur des espaces clos et pouvoir tourner ses scènes). D’autant plus que les découvertes des deux policiers sont de plus en plus morbides à mesure que le nœud de l’intrigue se déroule.

En creux, la série s’intéresse à des sujets aussi vaste que le darknet, la situation précaire des immigrés sans papiers ou encore la relation de la police avec les jeunes de banlieue. Cependant, elle ne fait qu’effleurer ces sujets et ne s’y intéresse que trop vaguement pour pouvoir les dénoncer.

Par contre, la série prend le temps de triturer ses personnages et de mettre en lumière leurs failles et leurs faiblesses. Car dans Nox personne ne peut prétendre mener une vie paisible et couler des jours heureux, chacun doit composer avec son passé parfois sulfureux et sa part d’ombre qui le ronge.

Nox - saison 1


CHOIX NARRATIFS RADICAUX

Mais après deux premiers épisodes prometteurs, la série se perd dans un scénario un poil embrouillé et qui demande au téléspectateur trop d’efforts de compréhension pour qu’il puisse profiter pleinement du reste. S’il est quelque chose que l’on ne peut pas reprocher aux scénaristes, par contre, c’est bien leurs choix narratifs radicaux fermant la porte à une deuxième saison ; le dénouement sordide et radical est l’un des points fort de Nox, les séries se laissant d’ordinaire aller au diktat du happy end.

De plus la prestation de Nathalie Baye n’est pas vraiment convaincante, elle qui a pourtant l’habitude des performances marquantes – le contrecoup de son hypnose ? Le reste du casting est parfaitement à l’aise, à l’instar d’une Valérie Donzelli qui campe à merveille une fille totalement paumée et dérangée.

Nox - saison 1

EN RÉSUMÉ

Dans un jouissif univers glauque digne d’un roman de Franck Thilliez, Nox ne parvient pas à convaincre complètement malgré un casting quatre étoiles digne d’un long-métrage.


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