Sharp Objects - minisérie [décryptage]

11/4/2020


Après avoir vu son troisième et son deuxième roman portés au cinéma (l'oppressant Gone Girl en 2014 et le plus anecdotique Dark Places en 2015), c'est sur le petit écran que Gillian Flynn voit son premier roman adapté en 2018 – il est amusant de voir que ces adaptations ont été réalisées de manière antichronologique par rapport aux romans, comme si la succès de Gone Girl avant éveillé l'intérêt pour les précédents ouvrages de l'auteure jusque là passés sous les radars. Sharp Objects est donc devenue, grâce à HBO, une minisérie en huit épisodes. Une minisérie qui traîne parfois en longueur, mais une minisérie non dénuée d'intérêt.

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DE QUOI ÇA PARLE ?

Camille Preaker (Amy Adams), journaliste spécialisée dans les affaires criminelles récemment libérée d'un hôpital psychiatrique après des années d'automutilation, retourne dans sa ville natale de Wind Gap, dans le Missouri, pour enquêter sur le meurtre d'une jeune fille et sur une disparition. Elle est hébergée dans la maison de son enfance sous l'œil critique de sa mère, la mondaine Adora (Patricia Clarkson). Camille va y faire la connaissance de Amma (Eliza Scanlen), sa jeune demi-sœur, et va devoir affronter ses vieux démons.

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LE TALENT DANS LA VALLÉE

Ambiance oppressante, personnages sur le fil du rasoir, photographie crépusculaire, réalisation intime, dès le premier épisode, Jean-Marc Vallée insuffle à Sharp Objects un univers qui lui est propre, un univers encore jamais vu dans une série. Le climat que le réalisateur propose aux téléspectateurs, ainsi que le traitement des personnages, sont indéniablement les principaux atouts de cette minisérie.

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NEURASTHÉNIE TRANCHANTE

Côté intrigue, en revanche, s'il est passionnant de plonger dans les troubles psychologique de Camille Preaker (fabuleuse Amy Adams), le traitement de l'enquête est un brin poussif et traîne parfois en longueur. En cela, même si les images et la réalisation sont sublimes, Sharp Objects ne parvient pas à s'élever plus haut que son simple attrait technique. Et le final explosif (forcément, nous parlons d'une intrigue qui sort de la plume de Gillian Flynn et tout n'est donc pas aussi simple qu'il y parait de prime abord) ne changera malheureusement rien à ce constat.

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EN RÉSUMÉ

S'il n'y a rien a dire sur l'aspect technique de la série, Sharp Objects pèche par une intrigue qui traine parfois en longueur. Cependant, la magnifique mise en scène de Jean-Marc Vallée, le climat angoissant et la révélation finale qui vous laissera sur le cul méritent que l'on s'y attarde.


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