Titans - saison 1 [décryptage]

22/1/2019


Le vivier quasiment inépuisable du monde des super-héros accouche d'une nouvelle série : Titans. Résolumment sombre et anticonformiste, la création DC/Netflix fait d'un habituel second couteau, Robin, un personnage principal. Si la série pèche sur certains aspects techniques, le fond est là et Titans se regarde avec un plaisir certain.

Titans


DE QUOI ÇA PARLE ?

Emancipé de Bruce Wayne/Batman, Dick Grayson/Robin à quitté Gotham City et est maintenant flic à Détroit. Là-bas il fait la connaissance de jeunes super-héros ayant désespéremment besoin d'un mentor.

Titans


NOIR C'EST NOIR

Le monde où évolue la petite troupe de Titans est un monde où l’espoir semble être un sentiment ayant disparu de la palette émotionnelle du super-héros ; torturés, désenchantés et tiraillés par leur côté sombre, Robin et ses acolytes errent dans les bas-fonds sordides de Détroit comme des âmes en peine, tentant tant bien que mal de recoller les morceaux épars de leurs âmes et de guérir les traumatismes de leur enfance. Mais leur rencontre va les aider à affronter leurs démons et, ensemble, ils vont œuvrer pour le bien des uns et des autres en se soutenant mutuellement et en avançant tous ensemble dans la même direction. 

Titans


« FUCK BATMAN »

S’il fallait décrire la personnalité du Robin de Titans en un mot, « irrévérencieux » est celui qui conviendrait le mieux. Loin du personnage soumis à Batman – et limite falot – que les adaptations à l’écran de l’homme chauve-souris ont montré jusqu’à présent, Robin est ici un personnage qui vole de ses propres ailes et qui voue à son ancien mentor une violente rancœur. Le ressentiment est posé dès le premier épisode lorsque Robin, répondant à un antagoniste qui lui demande ce que Batman aurait pensé de sa façon expéditive de « traiter » les méchants, lâche un lapidaire et éloquent : « Fuck Batman ».

Réalisation et scénario sombres à souhait, acteurs qui font le job, les épisodes s’enchaînent avec intérêt, exception faite de quelques-uns à l’intérêt douteux et qui semblent avoir été tournés pour faire office de remplissage, ne faisant pas avancer l’intrigue du tout.

Du côté des défauts, il convient de noter des effets spéciaux parfois laids (les transformations de Beast Boy en tigre confinent à l’amateurisme) – DC semble avoir pris peu de risques financiers et la pusillanimité du studio sur ce point transpire malheureusement à l’écran.

Titans reste dans l’ensemble et malgré tout une série bien fichue (contrairement à The Gifted, son pendant chez le concurrent Marvel) qui se regarde avec plaisir.

Titans

EN RÉSUMÉ

Là où le studio enchaîne les fours au cinéma, DC a plutôt bien réussi Titans, une série sombre et péssimiste qui vaut le détour.