James McBride – L'Oiseau du bon Dieu [critique]

11/1/2021

L’Oiseau du bon Dieu, le troisième roman de James McBride récompensé par le National Book Award en 2013, patiente sagement dans ma PAL depuis sa sortie française en 2015. L’annonce de la diffusion sur Canal+ de la série adaptée de cet ouvrage en ce mois de janvier (une série créée, produite et jouée par Ethan Hawke) m’a décidé à lire le roman pour pouvoir regarder la série (je procède toujours dans cet ordre). Je dis donc merci à la chaîne cryptée d’avoir acquis les droits de diffusion de The Good Lord Bird car, grâce à cela, j’ai enfin lu L’Oiseau du bon Dieu, un roman qui vaut le détour.


En 1856, Henry Shackleford, douze ans, traîne avec insouciance sa condition de jeune esclave noir. Jusqu'à ce que le légendaire abolitionniste John Brown débarque en ville avec sa bande de renégats. Henry se retrouve alors libéré malgré lui et embarqué à la suite de ce chef illuminé qui le prend pour une fille. Affublé d'une robe et d'un bonnet, le jeune garçon sera brinquebalé des forêts où campent les révoltés aux salons des philanthropes en passant par les bordels de l'Ouest, traversant quelques-unes des heures les plus marquantes du XIXe siècle américain.


L'OISEAU DE L'HISTOIRE

Dans les remerciements qui concluent son roman, James McBride exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui, au fil des années, gardent vivant le souvenir de John Brown. À mon tour je le remercie de m'avoir fait découvrir ce personnage haut en couleur, zélé abolitionniste peu connu du grand public mais qui joua un rôle majeur dans l'histoire des États-Unis.

Dans L'Oiseau du bon Dieu, James McBride s'empare donc d'un personnage, d'une époque et de faits réels de l'histoire de son pays qu'il revisite pour donner vie à un roman truculent. Avec une verve qui colle parfaitement à ses personnages, l'auteur afro-américain, comme son pair Colson Whitehead avec Underground Railroad, traite le sujet de la lutte contre l'esclavage mais du point de vue d'un blanc qui se bat pour que les noirs soient reconnus comme l'égal des blancs.

L'Oiseau du bon Dieu, de par son propos, est donc un roman utile et nécessaire ; et, qui plus est, un bon roman.

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James McBride
L'Oiseau du bon Dieu
20/8/2015 – Gallmeister
450 pages

À Propos de l'auteur

James McBride est né en 1957. Écrivain, scénariste, compositeur et musicien de jazz, il publie son premier livre en 1995, La Couleur d'une mère, un récit autobiographique devenu aujourd'hui un classique aux États-Unis.

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